Notre République...extraits de "notre jeunesse" de C. Péguy

Je tiens ici à vous faire part d’extraits du livre « Notre Jeunesse » de Charles Péguy, écrit en 1910, mais encore d’une actualité redoutable.

Alors que l’actualité récente fait état des suspicions de manipulations de sondages par l’Elysée, que le film Home de Yann Arthus Bertrand a sans aucun doute participé à orienter le vote pour les élections européennes,   que l’AFP est montrée du doigt par ses confrères pour avoir filtré ou orienté certaines informations, que le peuple iranien se bat pour ses élections, que l'Afghanistan sous les menaces et les pressions va vivre ses élections .

Alors que les citoyens perdent confiance en les politiques, avec quasiment un siècle entre cet écrit et notre époque, je crois que Péguy nous ouvre une des pistes vers « une politique autrement »…

CE – 16 08 2009

 

« (…) Aujourd’hui la République est une thèse, acceptée, par les jeunes gens. Acceptée, refusée ; indifféremment ; cela n’a pas d’importance ; prouvée, réfutée. Ce qui importe, ce qui est grave, ce qui signifie, ce n’est pas que ce soit appuyé ou soutenu, plus ou moins indifféremment, c’est que ce soit une thèse.

C'est-à-dire, précisément, qu’il faille l’appuyer ou la soutenir.

(…)

_ Qu’importe, nous disent les politiciens, professionnels. Qu’est-ce que ça peut nous faire. Nous avons de très bons préfets. Alors qu’est-ce que ça peut nous faire. Ça marche très bien. Nous ne sommes plus républicains, c’est vrai, mais nous savons mieux gouverner. Nous savons même mieux gouverner, beaucoup mieux, que quand nous étions républicains disent-ils. Ou plutôt quand nous étions républicains nous ne savions pas du tout. Et à présent, ajoutent-ils modestement, à présent nous savons un peu. Nous avons désappris la République, mais nous avons appris  de gouverner. Voyez les élections. Elles sont bonnes. Elles seront meilleures. Elles seront d’autant meilleures que c’est nous qui les faisons. (…) Le gouvernement fait les élections, les élections font le gouvernement. C’est un prêté rendu. Le gouvernement fait les électeurs. Les électeurs font le gouvernement. Le gouvernement fait les députés. Les députés font le gouvernement. On est gentil. Les populations regardent. Le pays est prié de payer. (…) Ce n’est point un cercle vicieux, comme vous pourriez le croire. Il n’est point du tout vicieux. C’est un cercle, tout court, un circuit parfait, un cercle fermé. Tous les cercles sont fermés. (…). Ce n’est pas tout à fait ce que nos fondateurs avaient prévu.(…)

Vous oubliez, vous méconnaissez qu’il y a eu une mystique républicaine ; et de l’oublier et de la méconnaître ne fera pas qu’elle n’a pas été. Des hommes sont morts pour la liberté comme des hommes sont morts pour la foi. Ces élections aujourd’hui vous paraissent une formalité grotesque, universellement menteuse, truquée de toutes parts. Et vous avez le droit de le dire. Mais des hommes ont vécu, des hommes sans nombre, des héros, des martyrs, et je le dirai des saints, (…) des hommes ont vécu sans nombre, héroïquement, saintement, des hommes ont souffert, des hommes sont morts, tout un peuple a vécu pour que le dernier des imbéciles aujourd’hui ait le droit d’accomplir cette formalité truquée. Ce fut un terrible, un laborieux, un redoutable enfantement. Ce ne fut pas toujours du dernier grotesque. Et des peuples autour de nous, des peuples entiers, des races travaillent du même enfantement douloureux, travaillent et luttent pour obtenir cette formalité dérisoire. Ces élections sont dérisoires. Mais il y eut un temps (…), un temps héroïque où les malades et les mourants se faisaient porter dans des chaises pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Déposer son bulletin dans l’urne, cette expression vous paraît aujourd’hui du dernier grotesque. Elle a été préparée par un siècle d’héroïsme. Non pas d’un héroïsme à la littéraire. Par un siècle du plus incontestable, du plus authentique héroïsme. Et je dirai du plus français. Ces élections sont dérisoires. Mais il y a eu une élection. C’est le grand partage du monde, la grande élection du monde moderne entre l’Ancien Régime et la Révolution (…). Extraits de « Notre jeunesse », Charles Péguy,  1910 

Avec François Bayrou !


 

"2012, état d'urgence" F.Bayrou

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C.Espert-UR2010.JPGChristine Espert :  37 ans, mariée, deux enfants, ingénieur Santé environnement, en charge de questions de santé et d'environnement et des questions de lutte contre l'habitat indigne . 
Conseillère nationale MoDem et conseillère municipale de Pia (Languedoc Roussillon) (7200 habitants )

Première adhésion à un parti politique avec le MoDem. Membre du groupe national organisation  du Mouvement Démocrate.
«  J’ai souhaité suivre le chemin engagé par François Bayrou lors de la campagne présidentielle, pour mes enfants. Car je crois qu’il est de ma responsabilité de maman de défendre un modèle de société, qui ne soit pas uniquement celui de l’argent, et des inégalités. Et je pense que seul notre mouvement peut porter ce modèle de société si nous arrivons ensemble à le construire sur des bases nouvelles et saines, il sera une alternative efficace pour notre Pays ».

christine.espert@laposte.net 06 72 11 50 74 

 
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