Notre société traverse une des périodes de son histoire des plus sensibles tant les crises qui la touchent sont diverses :
crise économique, crise sociale, crise écologique, crise financière….Dans ce contexte tendu les citoyens sont perdus : les familles sont souvent déchirées ou
destructurées, les jeunes ne croient plus en leur avenir : difficulté d’obtenir un emploi, l’école ne jouant plus son rôle dans la progression sociale, difficultés pour se loger, avoir un
emploi ne met pas à l’abri de la pauvreté, les anciens craignent avec raison de voir s’envoler en fumée les avancées sociales qui avaient été acquises comme la sécurité sociale.
Le citoyen ne croit plus en la politique et en ses responsables : « ils sont là pour nous rouler », « ils ne pensent qu’à eux » Péguy
illustre bien cet état d’esprit « (…) Tous les autres, les députés propres, les politiciens proprement dits, les parlementaires professionnels ont bien autre chose à faire que de
s’occuper de nous, et surtout que de nous ennuyer ou de nous êtres désagréables : les concurrents, les compétiteurs, les électeurs, la réélection, les compétitions, les affaires, la vie. Ils
aiment mieux nous laisser tranquilles. Et puis nous sommes petits (…) pour eux. (…). Ils ne nous aperçoivent même pas. Nous n’existons pas pour eux. (…) » (Charles Péguy, Notre jeunesse,
1910).
Notre société ne croit en rien, elle n’a pas d’idéaux., elle se replie sur elle-même, elle se ferme.
Le citoyen n’adhère plus qu’à un seul système : « le système D », la débrouille pour son intérêt propre. Nous sommes dans la société de
l’individualisme où l’argent est devenu le centre de tout.
Aujourd’hui tout est fait pour maintenir les individus dans leur enfermement, tout est fait pour qu’ils s’opposent les uns aux autres : les agriculteurs contre
les restaurateurs, les restaurateurs contre les professeurs, les fonctionnaires contre les salariés du privé, …..cela permet ainsi de faire diversion et d’oublier où se situe réellement le
problème !
Le politique devrait face à une telle situation être un point de repère. Or aujourd’hui le paysage politique français est des plus confus. Tout le monde va avec
tout le monde, tout le monde manigance avec tout le monde, les luttes les plus dures se passent à l’intérieur d’un même parti. Et l’approche d’élections n’arrange rien aux grandes manœuvres
politiciennes.
Si l’idée d’ouverture, et de nécessité de travailler avec tout le monde que François Bayrou à prônée tout au long de la campagne présidentielle de 2007 était une
idée pertinente et juste, la mise en œuvre qui en est faite par Nicolas Sarkozy aujourd’hui est totalement dévoyée. « La fidélité à ses convictions est nécessaire à la
Démocratie » (JP Chevènement.). En effet qui croire, comment avoir confiance en celui qui hier critiquait le système et qui aujourd’hui pour des intérêts strictement personnels le
rallie ! Avec la plus grande malhonnêteté intellectuelle, les compromissions sont présentées comme des compromis.
Aujourd’hui par exemple on apprend que le parti chasse pêche nature et tradition rejoint pour les élections régionales l’UMP, déjà rejointe par le parti de la
nouvelle gauche de JM Boeckel, par les radicaux, par le nouveau centre, et que Philippe De Villiers va lui aussi rejoindre la troupe….Mais quelle peut bien être la ligne politique d’une telle
équipée… ?
Aucune, si ce n’est le partage de postes et de sièges : « toi ici, moi là….. ».
Si je crois fermement en la formule « l’union fait la force » je suis aussi persuadée que cette union doit être scellée sur des convictions, sur des
valeurs : celles de la République.
Face à cette situation le Mouvement Démocrate qui propose une nouvelle voie a toute sa place pour bâtir cette « Union qui fait la force ». Mais pas une
union avec les politiciens : une Union avec les français, une Union avec les citoyens.
Pour cela le Mouvement Démocrate doit :
-garder son indépendance, sa lisibilité, sa singularité pour les prochaines échéances et ne pas céder aux chants des sirènes, à l’appel des postes, aux alliances
politiciennes. Tant pis si nous n’avons pas beaucoup de conseillers régionaux élus, tant pis si les résultats chiffrés le jour des résultats ne sont pas « géniaux », car le résultat non
chiffré celui que l’on ne mesure pas par les comptages au sorti des urnes, c’est la marque dans les esprits, le chemin que fera dans la tête des gens notre intransigeance avec la compromission,
notre sens des valeurs, celui là sera le plus beau .
Osons dire aux citoyens, notre objectif n’est pas d’avoir des élus à tout prix, mais notre objectif c’est vous. C’est proposer un nouvel horizon pour notre société,
pour nos enfants. Et à ceux qui nous traiterons d’inconscients nous répondrons que l’inconscience de ne rien voir, de ne rien vouloir changer est de leur côté, et que bien au contraire notre
volonté d’apporter un nouveau message au détriment de quelques maroquins est portée par la plus profonde des consciences.
- et surtout le Modem riche de ses militants doit aller au contact des citoyens, aller leur parler, leur tendre une main, les sortir de leur corporatisme et
communautarisme les convaincre que c’est par l’ouverture aux autres, par « l’ agir ensemble » que notre société progressera, vers plus de partage, plus de liberté, plus de
démocratie,…Aller vers les citoyens doit aller au-delà de l’invitation à une réunion, à un café démocrate. Ces modes de travail restent nécessaires mais ils sont insuffisants. Il faut réellement
aller vers l’autre, le rencontrer sur son lieu de travail, chez lui, dans son association, l’écouter, partager avec lui un moment. C’est un travail énorme, un travail nouveau mais c’est un
travail qui sera efficace.
François Bayrou avait vu juste en choisissant comme leitmotiv pour l’élection présidentielle de 2007« la France de toutes nos forces », tout comme Barack
Obama avec son « yes, we can ».
Mais nous devons convaincre encore plus que c’est par le « nous » que nous changerons les choses et non par le « je ». Soyons nous-mêmes, et
nous ferons l’Union avec les Français pour construire un nouveau monde .
CE