Dimanche 11 octobre 2009
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1910, soit il y a 99 ans...Peguy écrivait "notre Jeunesse", je vous ai mis quelques extraits en rubrique "réflexions" mais aujourd'hui je souhaite compléter par quelques extraits
supplémentaires que j'ai aimés. Car nous traversons ces derniers jours des moments des plus douteux dans la vie politique (affaire Mitterand, affaire Jean Sarkozy...), et je pense qu'il est
bon de se rappeler aux écrits de nos anciens. "Notre jeunesse" est un texte d'une justesse, d'une précision, d'une dureté, d'une réalité dans la description des maux de la politique et de ses
travers, qu'il mérite d'être lu, relu, ...
Extraits de "Notre jeunesse"
-"tout commence par la mystique, par une mystique, par sa (propre) mystique et tout finit par de la politique".
-"L'intérêt, la question, l'essentiel est que dans chaque ordre, dans chaque système la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance".
-" Tous les autres, les députés propres, les politiciens proprement dits, les parlementaires professionnels ont bien autre chose à faire que de s'occuper de nous être désagréables: les
concurrents, les compétiteurs, les électeurs, la rééelection, les compétitions, les affaires, la vie. ils aiment mieux nous laisser tranquilles. Et puis nous sommes si petits (...) pour eux (...)
ils ne nous aperçoivent même pas. Nous n'existons pas pour eux."
-" Il faut avant tout et surtout se défier, se méfier de soi, de son propre jugement de son propre connaissement".
-"(...) prendre un billet au départ, dans un parti, dans une faction, et ne plus jamais regarder comment le train roule, c'est, pour un homme, se placer résolument dans les meilleures conditions
pour se faire criminel".
-"Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte".
"Voler les pauvres, c'est voler deux fois. Tromper les simples, c'est tromper deux fois"
-"Nous savons que le monde souffre infiniment plus du sabotage bourgeois et capitaliste que du sabotage ouvrier."
- (Péguy fait parler J. Jaurès avec qui il était en conflit au sujet de l'affaire Dreyfus , NDR) "(...) j'agis en outre, j'agis en dessous, j'excelle dans le travail des
commissions dans les petits complots, dans les combinaisons, dans le jeu des ordres du jour, dans les petites manigances, dans les commissions et compromissions et ententes, dans tout le travail
souterrain, sous la main, sous le manteau. Dans le jeu, dans l'invention des majorités, factices; faites, obtenues par un savant compartimentage des scrutins. Dans tout ce qui est le petit et le
grand mécanisme politique et parlementaire, enfin au bout d'un certain temps de cet exercice, il n'y a plus de programme, il n'y a plus de principe, il n'y a plus de parti, il n'y a plus rien
(...)."
- "Les traîtres, il faut les combattre, et non pas les trahir".
-" Nous étions, une fois de plus nous fûmes cette poignée de Français qui sous un feu écrasant enfoncent les masses, conduisent un assaut, enlèvent une position"
-"Le monde riche et le monde pauvre vivent ou enfin font semblant comme deux masses, comme deux couches horizontales séparées par un vide, par un abîme d'incommunication"
-"Dans le monde moderne les connaissances ne se font, ne se propagent que horizontalement, parmi les riches entre eux, ou parmi les pauvres entre eux. Par couches horizontales".
- "Quiconque a le monde en main, est responsable du monde".
"C'est toujours qu'une grande masse éprouve un violent besoin, un grand besoin, un grand, un profond besoin, un besoin mystérieux d'un grand mouvement"
- "Il y a des ordres apparents qui recouvrent, qui sont le pires des désordres".
-"Nous disions, une seule injustice, un seul crime, une seule illégalité, surtout si elle est officiellement enregistrée, confirmée, une seule injure à l'humanité, une seule injure à la justice,
et au droit surtout si elle est universellement, légalement, nationalement, commodément acceptée, un seul crime rompt et suffit à rompre tout le pacte social, tout le contrat social, une seule
forfaiture, un seul déshonneur suffit à perdre d'honneur, à déshonnorer tout un peuple"